L’art, levier de performance en entreprise

Carte blanche de INfluencia : L’art, levier de performance en entreprise

INfluencia, le Trendmag des influences, de la communication, du marketing et des media, destiné à tous les curieux et enthousiastes qui désirent faire avancer leur entreprise. http://www.influencia.net/

« C’est un fait acquis, l’art et l’entreprise échangent et construisent ensemble. Une relation qui ne doit pas être seulement un effet de mode. À l’heure où l’entreprise doit rendre des comptes à ses actionnaires, salariés et clients, la culture dans la communication doit correspondre à une vraie stratégie. »

L’art peut changer le monde !… Et surtout nourrir le modèle économique qui structure notre société. Il peut donner du sens à l’entreprise communicante, doper les leviers de performance et croissance, nourrir la marque employeur, apporter de l’innovation au produit, et offrir une communication différenciante. Pour la culture, c’est également une opportunité de nouveaux canaux de diffusion et d’ouverture sur des publics différents. Il faut décomplexer les échanges, être clair sur les objectifs des deux parties afin que chacun puisse sortir grandi de cette collaboration.

Une marque employeur attractive et performante

Le monde bouge ! Les attentes des salariés aussi. Avant même la question de la rémunération, les premières motivations du salarié sont l’épanouissement professionnel et la qualité de vie au sein de l’entreprise. En 2014, les nouvelles obligations de reporting RSE porteront sur le bien-être en entreprise ( au même titre que les risques psycho sociaux ).

Pour atteindre ces objectifs, les entreprises investissent désormais dans des solutions telles que les conciergeries, les crèches, les salles de sport mais également dans des propositions culturelles et pédagogiques vouées à l’enrichissement des salariés.

Aujourd’hui, le bien-être dans l’entreprise passe aussi par l’apport du culturel, outil indispensable au développement de la motivation, de la transversalité, de la fierté d’appartenance, de l’innovation et de la créativité. Une exposition ou une collection d’entreprise peut prendre une forme dynamique et très productive si on l’accompagne d’actions innovantes. Les collections de la Société Générale, Neuflize Vie, Loist etc. ne servent pas qu’à décorer les murs. Au-delà du plaisir, de l’émotion et de la découverte, de nombreuses initiatives ont été mises en place : rencontres avec des artistes, conférences d’histoire de l’art, workshops artistiques, journées des talents, acquisitions en comité mixte ( salariés et professionnels ) etc. On note une forte tendance à la médiation et à l’interactivité avec les salariés afin de permettre une meilleure appropriation de ces actions.

La résidence d’artiste est également une expérience enrichissante pour les salariés. Instaurer un dialogue sur le long terme avec un artiste qui réalise in-situ une création permet de motiver la créativité. Pierre-Alexis Dumas, président de la Fondation d’Entreprise Hermès, témoigne : « Si je lance un programme de résidences d’artistes dans nos manufactures, je ne suis plus dans l’activité commerciale, mais bien dans une émulation culturelle entre des artisans et des jeunes artistes, dont la finalité est la recherche ». Selon lui, ces initiatives ont permis à la marque de gagner 10 ans en termes d’innovation et de savoir-faire.

En termes de workshop, depuis 6 ans, BNP Cardiff accueille ses nouveaux collaborateurs avec des ateliers de team-building créatifs dirigés par des artistes, au cours desquels ils vont pouvoir réfléchir et s’exprimer sur leur vision de l’entreprise de manière innovante. Ces workshops permettent de réfléchir autrement sur des thématiques managériales et de favoriser la transversalité au sein de l’entreprise. Plus en amont, pour sa campagne de recrutement, Sephora a choisi le mouvement Street Art pour sa communication RH, renouvelant sa stratégie et s’affichant comme une marque connectée à son époque et proche de sa cible.

Et s’il est encore besoin de convaincre les chefs d’entreprises, on peut se reporter à l’étude ISSA Braünig & Kohstall 2011, menée pour calculer le ratio coût/bénéfices de tels investissements. Il en ressort que 1 euro investi pour le bien être des salariés rapporte 2. 20 euros à l’entreprise, soit plus du double ! Nous sommes bien dans un enjeu de productivité et de management intelligent. Une entreprise performante se doit d’avoir des hommes mobilisés, engagés et créatifs qui lui permettent de se projeter dans l’avenir, d’être visionnaire et de faire évoluer son offre.

Innovation et premiumisation des produits

Aujourd’hui, dans un marché toujours plus concurrentiel, les marques doivent se renouveler et se distinguer en permanence. À travers des stratégies culturelles, elles peuvent mettre en scène leur histoire, construire leur imaginaire et sortir de leur image de « machine consumériste ». Demander à un artiste de customiser ou revisiter un produit permet de le rendre unique et plus percutant. La signature artistique sur un produit manufacturé crée la surprise, le désir et suscite la curiosité du consommateur. Il contribue aussi largement aux enjeux de premiumisation et de trafic sur le lieu de vente.

Depuis plusieurs années, Louis Vuitton a ainsi largement fait l’expérience et la démonstration de la réussite du procédé. La Maison Bernardaud, qui a fêté ses 150 ans en 2013, a quant à elle lancé une ligne de services d’artistes de renom. En s’entourant de figures de l’art contemporain comme David Lynch, JR, Sophie Calle… , elle s’est offert une cure de jouvence et a même ouvert, au cœur de Saint Germain-des-Près, un point de vente dédié. On ne compte plus les marques d’alcool qui optent pour des créations capsules ou gift de Noël. Ces éditions génèrent des ventes additionnelles et offrent un temps fort supplémentaire de communication. Pour se démarquer dans son action culturelle, il faudra, plus que jamais, être vigilant sur le choix de l’artiste et la cohérence de son travail avec les enjeux de l’entreprise et des cibles visées.

Au-delà de ces collectors arty, de nombreuses boutiques de luxe deviennent des zones d’exposition d’œuvres au milieu de produits. Louis Vuitton va même plus loin avec l’installation d’une scénographie de l’artiste japonaise Yayoi Kusama qui invite les visiteurs à vivre une expérience inédite et les immerge dans une véritable oeuvre d’art. On remarque déjà dans les espaces culturels des magasins Louis Vuitton, des éditions de livres d’artistes. Le développement du luxe passera-t-il par la diffusion de la création culturelle dans les lieux de vente ?

Nourrir la culture de marque

L’art est un excellent moyen de se démarquer de la concurrence, de s’inscrire dans son temps, de donner du sens et de mettre en avant les valeurs de la marque. Nombreuses sont les initiatives culturelles qui subliment l’histoire de la marque, son ADN et sa culture. Depuis 2011, la Société Foncière Lyonnaise, à travers son programme artistique Mémoires Contemporaines, valorise son patrimoine en donnant une carte blanche à des artistes pour sublimer un site immobilier avec des œuvres monumentales pérennes. Les « Audi Talents Awards » mettent en avant le potentiel créatif et innovant de la marque à travers un concours de jeunes créateurs. La marque Electrolux a également su faire la différence en installant pendant deux ans sur le toit du Palais de Tokyo le Nomiya, une capsule éphémère et futuriste, concept d’artiste, invitant à une expérience gastronomique unique. Ainsi, elle a pu toucher une nouvelle cible adepte de l’art contemporain, elle a également bénéficié d’énormes retombées médiatiques ( y compris à l’international ) et a vu sa notoriété décuplée.

Depuis 4 ans, la Fondation d’entreprise B. Braun Médical met en place une exposition artistique itinérante dans les hôpitaux français afin d’améliorer les conditions de vie des établissements de soin. Chaque année, une carte blanche est donnée à 10 plasticiens sur un thème défini afin de sensibiliser les différentes cibles : patients, personnel hospitalier, presse et grand public.

Nombreuses sont les marques qui ont su appréhender la portée des ces nouvelles collaborations. Aujourd’hui, pour se démarquer, il faut non seulement innover, mais surtout se poser les bonnes questions, trouver le ton juste et le petit « plus » qui fera la réussite du projet. Il est donc essentiel d’identifier les besoins de l’entreprise, de définir les objectifs, les cibles et ensuite de déterminer la stratégie, le choix des artistes et la communication à mener tant en interne qu’auprès des cibles prioritaires. Une autre clé de la réussite de ces initiatives est d’investir autant dans l’action culturelle que dans la communication autour de celles-ci : événementiel, relations presse, relations publiques, achat d’espace… Un dispositif de communication spécifique au domaine culturel doit compléter le dispositif habituel.

Des démarches qui paraissent évidentes. Mais on observe trop souvent une approche contraire sans cohérence avec les différents objectifs. Pour avoir le recul nécessaire à la réussite de telles opérations, il est primordial d’être accompagné par des professionnels de l’art et/ou de la communication. À l’heure où l’entreprise doit rendre des comptes à ses actionnaires, salariés et clients, la culture dans la communication doit plus que jamais correspondre à une vraie stratégie… Les erreurs ne sont plus permises. »

L’art, véritable levier de performance en entreprise.

Image : oeuvre de l’artiste niçois Kristian

  https://sites.google.com/view/easyessays/reviews/writingpeak-review

Donner du sens, stimuler sa créativité

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Le street art, un nouveau vecteur de communication

Le street art, un nouveau vecteur de communication

     

    Le street art, dont l’une des multiples expressions est le graff (à ne pas confondre avec le tag), a quitté les terrains vagues qu’il colonisait dans les années 1980 pour faire aujourd’hui son entrée dans les galeries d’art et dans la culture populaire. Les industriels et les entreprises de la construction se sont donc appropriés le côté subversif, dynamique et urbain, afin de briser les codes traditionnels de la communication.

     

    Ces dernières années, croiser du « street art » est devenu monnaie courante. En un temps record, les signatures de ces artistes de rue ont envahi les murs des villes, générant chez certain un véritable engouement. Véhiculant une image moderne, décalée, impertinente, jeune et dynamique, les « graffeurs » ne se contentent pas d’apposer des signatures qui détériorent les façades comme les taggers ; ils développent un véritable projet artistique et réalisent parfois de véritables fresques urbaines s’appuyant tantôt sur l’esthétique, tantôt sur l’humour. De quoi intéresser les entreprises désireuses faire évoluer leur identité visuelle.

    Une forme d’art percutante
    A l’exemple de Gecina, groupe foncier et immobilier, actuellement engagé dans le projet de rénovation du centre commercial Beaugrenelle dans le 15e arrondissement de Paris, en front de Seine. Au mois d’octobre, la société a fait appel à quatre graffeurs (Nesk, Le Môme, Packus, Aské) pour décorer une palissade de chantier de 28 mètres de long. La directrice de la communication du groupe, Veronica Basallo-Rossignol, nous explique la démarche de cette opération : « A Beaugrenelle, le projet dépasse le simple positionnement de centre commercial. Nous y offrirons autre chose que du commerce pur : ce sera également un lieu d’expression, de rencontre et de culture. Ce qui se traduit dans la politique de communication« . Gecina a donc lancé un plan d’animation afin de faire préexister le lieu avant son inauguration, à la rentrée 2013. Le message prône donc la mixité sociale, le mélange des cultures et des genres. « L’agence de communication a fait un casting de street artists et nous avons choisi les plus originaux. Nous voulions détourner les codes des lieux de commerce avec cette démarche inédite d’appropriation de l’espace au niveau de la rue« , poursuit Veronica Basallo-Rossignol.

    L’opération, relayée sur les réseaux sociaux – un autre outil désormais indispensable pour une bonne communication – a permis aux quatre artistes de s’exprimer autour d’une thématique imposée : loisirs et shopping. Les riverains n’ont manifesté aucune réaction négative et l’initiative a été bien perçue, car le regard sur le street art a changé. « Ce n’est pas un vulgaire tag ! » rappelle la directrice de communication. « Il y a du travail et les gens ont bien perçu que ce n’était pas fait de façon sauvage« , explique-t-elle. Le projet, qui avait connu un précédent en 2011, dans un immeuble de bureaux en chantier, s’est monté rapidement : l’idée a germé au mois de mai, le casting d’artistes a été effectué en septembre et la journée de graff en octobre. Impossible en revanche d’avoir une idée de son coût réel. Nexity, autre promoteur immobilier, a lui aussi fait appel à un artiste reconnu, Jérôme Mesnager (voir en page 2), pour décorer le hall d’une opération à Paris (98, rue de Charonne).

    Autre exemple, celui de la société Clair de baie (solutions de rénovation et d’isolation de l’habitat) qui a confié à Cité Création, la réalisation d’une fresque identitaire sur les façades de son siège social, en bordure d’autoroute, où circulent quotidiennement 150.000 véhicules. Car le street art, grâce à son exposition sur les murs, touche un maximum de personnes. Il s’agit donc d’une démarche d’appropriation de l’espace urbain ayant une dimension artistique et identitaire forte. C’était également cet impact visuel que recherchait l’IPAF (fédération internationale du matériel d’accès en hauteur) lors du salon professionnel Intermat 2012. Deux artistes de l’agence de production Wet Paint avaient réalisé des oeuvres sur bâches illustrant notamment une nacelle.

    Respect de la liberté créative
    Mais qu’en disent les artistes ? Sont-ils souvent démarchés ? Comment se passent ces opérations de communication ciblée ? Qu’ils se nomment Jérôme Mesnager, Piotr Barsony ou Jinks Kunst qui ont exposé à la galerie Ophite, témoignent à leur façon de l’urbanisme moderne en glissant sur les murs et les sols de la ville des clins d’œil bien amenés. Ils s’expriment parfois par le biais de fresques sur lesquelles se retournent les passants et qui traduisent une grande créativité et, parfois, un message engagé. Sollicités par de nombreuses marques, leurs œuvres se retrouvent sur des produits variés, comme récemment pour Fréon qui vu ses graffs mis sur des trousses et des cahiers scolaires. Jinks Kunst, spécialisé notamment dans le détournement de panneaux de signalisation, confesse ne pas avoir été démarché et préférer mettre son travail « gratuitement aux yeux du public« . Mais la collaboration entreprises-artistes sait se révéler fructueuse et s’affranchir des contraintes. C’est le cas de Jérôme Mesnager, l’un des pionniers de ces artistes de rue, à qui l’on doit la grande peinture murale « C’est nous les gars de Ménilmontant » dans le 20e arrondissement parisien. L’artiste, qui a pour marque de fabrique depuis 1983 son « Homme en blanc », symbole de force, de lumière et de paix, s’est vu proposer de nombreuses opportunités. Outre le projet avec Nexity, il s’est exposé (temporairement) sur les murs de la Conciergerie pour Samsung. Se révélant ainsi sur d’immenses bâches de chantier, il nous affirme avec entrain avoir eu « carte blanche, sans contrainte particulière sauf la surface imposée« . Cette « création libre et sans directives » l’a poussé à accepter, tandis que contacté tous les jours par des entreprises, il affirme refuser régulièrement des propositions.

    Il semble donc que les entreprises ne parviennent pas encore à s’approprier totalement les codes du street art. Elles ne maîtrisent pas totalement les codes de cet art, encore récent. Le mouvement qui trouve son origine dans la mouvance hip-hoprepose en effet sur une idée de base d’indépendance. Les artistes sont également plongés dans une démarche qui se veut visible pour tous, d’avantage que dans des opérations commerciales. Leur création, symbole de liberté, souvent illégale, risquerait ainsi de perdre un peu de son sens de la rébellion dans le cadre d’un matraquage publicitaire trop intense. Un paramètre à prendre en compte pour les entreprises qui souhaiteraient recourir à ce mode d’expression subtil.

       

       

      L’enseigne lyonnaise Clair de baie a choisi de mettre en valeur l’implantation de son siège social, en bordure de l’autoroute A7, où circulent chaque jour 150.000 véhicules. Les façades ont été décorées de fresques géantes représentant l’histoire et le patrimoine local, dont des clins d’oeil aux soieries de Lyon et au couturier Nicolas Fafiotte. Des projecteurs au sol les mettent en lumière, la nuit venue, et théâtralisent le site.

         

         

        L’IPAF a choisi deux artistes pour graffer des bâches à partir de nacelles sur le salon Intermat 2012. Un manière originale de traiter de la sécurité du travail en hauteur. La fédération internationale fait souvent intervenir des artistes dans des salons (comme à Art + Art à Dusseldorf en 2011).

           

           

          Les quatre artistes sélectionnés pour décorer les pallissades du centre commercial Beaugrenelle ont joué le jeu : ils ont illustré les thématiques shopping et loisirs avec leurs bombes et leur moyen d’expression urbaine.

             

             

            La palissade de 28 mètres de long en cours de graff. Le street art est une expression urbaine qui implique une réelle démarche artistique et non une volonté de déteriorer le bien public ou privé.

             

             

             

            Article de Batiactu

            Photos de Gecina ©

            Management : faire entrer l’entreprise au musée

            L’historienne de l’art qui veut faire entrer l’entreprise au musée

            Ecrit le : 4 mars 2015

            Hélène Mugnier pratique une bien étrange discipline : la subversion managériale. À l’origine conseillère en mécénat auprès d’entreprises, cette historienne de l’art constatait amèrement que les salariés profitaient rarement des œuvres acquises. De cette frustration est née une idée : lier art et management. Pour cela, elle emmène cadres et patrons dans les musées et les fait se confronter à des œuvres d’art contemporain.

            Si « confronter » est le mot, c’est qu’un monochrome, une nature morte cubique ou une sculpture abstraite déstabilisent toujours. Mais surtout, parce la visite est l’occasion d’une rencontre entre deux mondes, l’art et l’entreprise, qui se côtoient peu. Pourtant, l’art, surtout contemporain, peut être utile à l’entreprise car il permet, selon Hélène Mugnier, d’ouvrir un œil neuf sur le monde. Elle veut donc établir des ponts entre le manager et l’artiste.

            « Une vision ne vient pas d’en-haut »

            « L’artiste est quelqu’un qui a une vision et une telle conviction qu’il arrive à l’exprimer. C’est ce qui manque au management », explique Hélène Mugnier. Après le premier coup d’œil sur une œuvre, les regards s’affutent et petit à petit les participants « mettent des mots sur ce qu’ils ont devant leurs yeux, l’œuvre change de visage ». Inutile d’étaler ses savoirs, de détenir des codes, « finalement, le propos le plus intéressant autour de l’œuvre est le débat avec les autres. […] On se rend compte qu’on ne voit pas tous les mêmes choses. » Sans connaissances ni code, « on peut malgré tout se forger une conviction », assure Hélène Mugnier.

            Un débat utile qui permet de démontrer « qu’une vision ne vient pas d’en-haut ». « Nous avons la solution, insiste l’historienne de l’art, il faut accepter le problème, et se faire confiance pour faire émerger la solution en interne », poursuit-elle. L’art contemporain amène aussi à une réflexion sur l’innovation, devenue « course à l’échalote », selon la conférencière, un mythe du renouvellement technique illusoire dont il faut se détacher. « L’artiste contemporain est peu focalisé sur la technique », remarque-t-elle.

            À la quête de notre identité professionnelle

            Et pourtant, il innove, sans faire du nouveau ou dans la performance technique. Et d’ajouter : « En regardant une œuvre d’art contemporain, on entend souvent ‘cela est ni fait ni à faire’, raconte Hélène Mugnier. En réalité, l’artiste nous amène à mettre le doigt sur la question de l’identité professionnelle. Ce qui nous rend expert aujourd’hui n’est pas facile à nommer. Il n’est pas rare à 50 ans d’avoir derrière soi trois ou quatre vies professionnelles antérieures et l’écart entre le diplôme et ce qui est écrit sur sa carte de visite se creuse. Notre identité professionnelle est malmenée. L’artiste contemporain nous amène à nous questionner : qu’est-ce qui fait notre valeur dans ce que nous produisons ? » Et de conclure : « Notre valeur, c’est notre capacité à apprendre et à créer ».

            Ariane Puccini

            Positive post

            http://positive-post.com Le premier site d’actualité dédié à l’économie positive : gouvernance, vivre ensemble, planète, économie…

            Environnement de travail et bien-être

            Concilier la culture du travail et du loisir

            Aménagement L’essor des nouvelles technologies et la part grandissante prise par les loisirs dans la sphère privée bouleverse le rapport des salariés au travail. Grâce à de nouveaux aménagements dans l’environnement de travail, l’entreprise peut tirer profit de ces tendances de fond. D’un espace uniquement dédié à la production, elle peut devenir un lieu propice à la fabrication de lien social et à la créativité. Dans l’intérêt de tous.

            Travail et bien-être

            «Aujourd’hui, nos espaces de bureaux doivent allier l’esprit d’Haussmann à celui du club Med». Cette phrase n’a rien d’une prophétie. Elle est le souhait de nombre de salariés et une réalité pour une minorité d’entre eux. Son auteur, Jean Viard, sociologue et directeur de recherche au CNRS et au Centre de recherches politiques de Sciences Po, va plus loin lors d’une conférence organisée par l’Observatoire de l’immobilier durable, le 10 juillet dernier, assurant que « la culture du non travail a durablement bouleversé la culture du travail ». Hélène Ouyang, directrice de la cellule Design & Identité chez Mobilitis, société de conseils et services en immobilier d’entreprise, explique que l’on « assiste à une mixité des temps professionnels. La frontière entre nos loisirs et notre vie de bureau s’estompe. On parle de nos sorties culturelles en réunion et on travaille sur un dossier aussi bien chez soi que dans le métro ». Cette association vie privée/vie professionnelle est particulièrement marquée chez les 25-35 ans, qui n’attendent plus seulement d’une entreprise un salaire ou un statut social, mais des expériences ludiques et des projets porteurs de valeurs et de sens.

            Décomplexer le travail et l’environnement de travail 

            Dans les faits, il n’est pas aisé pour une entreprise d’intégrer la notion de loisirs dans un espace de production. Pour nombre de managers, l’association est même antagoniste. Valérie Parenty, directrice associée de Saguez Workstyle, le constate régulièrement. « Les entreprises sont souvent réfractaires à créer des espaces qui n’ont pas pour vocation première le travail. Pour les rassurer, nous nous appuyons sur des études et des données chiffrées. Par exemple, 90 % des conversations qui ont lieu devant la machine à café, dans les cafétérias, cantines ou restaurants d’entreprise parlent du travail ». De quoi rassurer les sceptiques et pourquoi pas donner raison à Nicolas Maugery, fondateur de l’agence d’architecture Yad Initiative, dont l’objectif est de « décomplexer le travail ». Une approche également défendue par le cabinet d’architecte Chaix & Morel en charge de la modernisation du centre de recherche et développement de Michelin, à Ladoux. Constatant que les deux tiers des innovations n’avaient pas été pensés par les salariés devant leur poste de travail, le cabinet a imaginé des espaces ouverts, décloisonnés, intégrant les codes graphiques et les éléments de mobilier de l’univers du café- bar. L’objectif attendu : stimuler la créativité. Assistée par le cabinet Mobilitis, l’entreprise Direct Assurances a elle aussi intégré des espaces de détente, en installant sur chaque pallier d’ascenseurs une salle de jeux ouverte, avec des babyfoots ou encore de faux espaces verts. Le but? Favoriser les échanges entre salariés de différents services, tout en réduisant les temps de pause, ces derniers ne devant plus descendre en bas de l’immeuble.

            Innovation et lien social

            Pour Valérie Parenty, 90 % de l’innovation produite dans une entreprise serait le résultat d’échanges intra-services. Or, « l’essentiel de ces derniers s’effectue avec des individus situés à moins de 50 mètres… Il faut donc imaginer des espaces qui favorisent de nou- veaux rapports sociaux ». Au sein du groupe Lagardère, ce lien social a pris forme grâce à l’aménagement des espaces extérieurs. Aux beaux jours, ces derniers se transforment en de véritables espaces de tra- vail ouverts, connectés et informels. « Ces lieux ne doivent pas être une fin en soi mais un moyen pour l’entreprise de conduire son projet », conclut Hélène Ouyang, de Mobilitis, qui précise qu’à chaque création d’espaces ouverts, l’aménageur doit inclure des espaces individuels, favorisant la concentration et donnant les moyens aux sala- riés de se soustraire du groupe, du bruit, des flux d’informations. Si l’univers du loisir s’installe doucement dans l’entreprise, pour Ghislain Grim, directeur du pôle consulting, R&D et alliances stratégiques chez AOS France, il en est de même pour le jeu, qui devient peu à peu une composante de la formation. « Désormais, il est courant de voir des sessions organisées autour de serious game, de jeux de rôle, de plateaux ou de legos ». Certaines entreprises associent même aux salles de formations traditionnelles « des salles de créativité incluant des dispositifs de brainstorming, notamment des smart board électroniques ou encore des panneaux amovibles qui per- mettent de faire évoluer la configuration de l’espace ».

            Effet de mode ?

            Face à ces évolutions, l’entreprise doit toutefois se montrer vigilante et ne pas succomber à un effet de mode. « Certains espaces peuvent parfois souffrir d’un esprit trop jeune, trop relax, en opposition avec les valeurs de l’entreprise ou son histoire ». Dans ce cas, ces espaces risquent forts de se retrouver désertés. Nicolas Maugery insiste sur ce point, il ne suffit pas de mettre un joli canapé rouge pour que les salariés s’y installent : l’en- treprise doit s’associer au projet. « Il y a quelques années, Mac Donald a essayé de créer des espaces ouverts et décontractés mais cela a provoqué de la gêne en interne, car le management ne suivait pas ». En clair, comme le rappelle le sociologue Jean Viard, l’équilibre reste difficile à trouver tant « les codes de la culture du temps libre s’opposent à ceux de la culture du travail, encore très archaïques ».

            Technologies et autonomie

            Parallèlement à cette tendance de fond, l’introduction des nou- velles technologies a durable- ment modifié notre rapport à l’espace et au temps de travail. « Nous sommes dans une société collaborative, une société du lien continu », rappelle Jean Viard. Si l’accès au wifi est un prérequis dans les entreprises, d’autres outils numériques sont imaginés pour faciliter le travail, le rendre plus fluide. Au sein de la société Melty, le cabinet Yad Initiative a créé des zones à l’écart où ont été installés des écrans de télévision, iPads et vidéoprojecteurs qui retransmettent en direct la vie dans les autres bureaux euro- péens. « L’objectif est de provoquer des rencontres informelles et d’inciter les gens à échanger », explique le fondateur de l’agence qui a également installé un mur numérique, affichant toutes les statistiques et chiffres clés de l’entreprise, pour faire adhérer le personnel aux valeurs du groupe. Mais si ces technologies réinventent l’entreprise, elles créent aussi de nouvelles attentes chez les salariés, notamment celles de disposer de plus de liberté et d’autonomie. Ghislain Grimm en est persuadé, « il faut redonner des marges de manœuvre aux salariés pour qu’ils soient jugés uniquement sur leurs résultats ». Certaines expérimentations sont en cours, comme chez Schneider Electric et Generali qui, en collabo- ration avec deux agences spécialisées dans le coworking et le télétravail (LBMG Worklabs et Néo Nomade), travaillent à la création de tiers lieux. Des espaces de travail géographiquement éloignés du siège social mais plus proches du domicile du salarié, disposant de tous les outils technologiques nécessaires pour assurer une productivité optimale.

            innovation bureau

            Créer des espaces déconnectés

            Développer des espaces et des outils connectés nécessitent la mise en place de gardes-fous. Pour prévenir les risques de rejet des salariés, qui saturent face à ce flux ininterrompu d’informations, l’entreprise doit replacer les technologies au bon moment et au bon endroit. La plupart des architectes et conseillers en immobiliers d’entreprises proposent donc d’aménager des espaces sans apport du digital. Valéry Parenty se souvient d’avoir conçu des salles de réunions informelles, totalement déconnectées, « n’existant que pour favoriser l’échange physique ». Car, le paradoxe de cette évolution de la société et de l’entreprise vers le tout digital, c’est qu’elle ne peut avoir lieu sans espace physique. Plus l’apport du virtuel est important, plus l’homme a besoin de se créer du sens, du présentiel. «On estime que 80 % des idées innovantes d’une entreprise naissent de relations interpersonnelles, et non derrière un ordinateur », confirme la directrice associée de Saguez Workstyle. De quoi rassurer les managers qui craignent pour l’existence du siège social en tant qu’entité physique.

            Le siège social à réinventer

            S’il faut admettre que l’entreprise n’est plus l’unique lieu de production, il semble rester l’espace privilégié des rencontres, du partage de valeurs, de la transmission de la culture. À travers de nouveaux espaces, de détente et de loisirs, elle se crée de nouvelles missions : favoriser le lien social, l’émulation de groupe, la créativité. Pour Nicolas Maugery, cette nouvelle vision du siège social est l’avenir car elle permettra de recru- ter plus facilement les nouveaux talents. « L’entreprise doit devenir un lieu « d’happen space », où sont organisés des conférences, des évènements fédérateurs, qui permettront aux salariés de se sentir intégrés à la dynamique collective, tout en étant assez autonomes pour travailler où et quand ils le souhaitent ». Cette vision, quelque peu idéaliste, permettrait en tout cas de concilier la culture du travail à celle du non-travail.

            Céline Cadiou – Octobre 2014 – Arseg Info
            www.arseginfo.fr Toute l’info métiers d’Arseg Info : de l’environnement de travail et des services généraux, aménagement des espaces et mobilier, immobilier, achats…

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